Le coeur gravé

Les souvenirs sont encore chauds des saisons passées dans le Morbihan à Saint-Philibert, près de La Trinité-sur-mer. Les traces matérielles quant à elles, se résument à quelques objets banals, comme une montre à quartz ou une tirelire. Mais au milieu de la boîte à bibelots, un couteau attire l’œil et ravive les émotions.

L’été, la voisine abandonnait son logis pour s’occuper du camping. Et tandis qu’elle assurait son service auprès des touristes, d’autres touristes, eux, prenaient place, pour une ou deux semaines, dans sa maison familiale. Des allemands exclusivement, qui lui arrivaient grâce à une agence spécialisée.

Un été – comme le scanderait Nougaro -, une petite famille très fraternelle s’est installée chez notre serviable voisine. Garçons et filles, sous le soleil breton et la naïveté des années 90, se sont bien amusés malgré la barrière des mots. Les jours passèrent trop vite. Nous fûmes même invités à dîner un soir après la plage, curieuse situation où nous mangeâmes chez les voisins mais sans eux, accueillis par des étrangers.

Moi, quatorze ans, elle, jolie petite blonde d’outre-rhin un peu plus jeune, nous étions émus par cette rencontre estivale, sans trop comprendre. Le jour de départ fut difficile. Une énergie incontrôlable emplissait le coeur, rendit pour un temps les journées plus grises que l’automne. Et puis un jour, un colis arriva à la maison. Chacun y trouva un petit trophée. Et moi, je reçus ce jour-là, j’en suis certain, ma première déclaration d’amour.

ein Schweizer Offiziersmesser mit Sebastian graviert
ein Schweizer Offiziersmesser mit Sebastian graviert